Le cycle de l’addiction

Illustration symbolique du cycle de l’addiction, une composition circulaire beige et dorée représentant la répétition, la honte et la possibilité de guérison.

Le cycle de l’addiction repose sur la perte de contrôle, la honte et la recherche d’un soulagement temporaire. Découvrez comment ce mécanisme s’enracine dans les blessures du trauma complexe.

Comprendre le cycle de l’addiction

L’addiction ne se résume pas à un manque de volonté. Elle est souvent le symptôme visible d’une douleur invisible.
Comme le souligne Gabor Maté, la question n’est pas « pourquoi la dépendance ? », mais « pourquoi la douleur ? ». L’addiction apparaît lorsqu’une personne cherche à apaiser un vide intérieur ou une souffrance qu’elle ne parvient plus à gérer autrement.
Ce cycle se répète tant que la racine du problème (la blessure émotionnelle ou relationnelle) n’est pas identifiée et soignée.

1. La perte de contrôle

Tout commence par la conviction que l’on peut gérer. « Je peux m’arrêter quand je veux », pense-t-on.
Mais rapidement, le produit, le comportement ou la relation prennent le dessus. L’individu perd le contrôle, non par faiblesse morale, mais parce que son système nerveux est déjà programmé pour chercher un apaisement immédiat, à n’importe quel prix.

2. L’obsession

Le besoin devient central. L’esprit tourne en boucle autour du prochain moment de soulagement.
Cela peut concerner une substance (alcool, nourriture, drogue, écrans) ou un comportement (travail, contrôle, relations, religion, performance).
L’obsession prend racine dans la peur du vide : sans l’objet d’addiction, la personne se sent exposée à des émotions qu’elle ne peut supporter.

3. La chaîne de pertes

Peu à peu, les conséquences s’accumulent : relations abîmées, perte de confiance, difficultés professionnelles, problèmes de santé.
Chaque perte renforce la honte et le sentiment d’échec, ce qui pousse encore plus vers le comportement addictif. C’est un cercle vicieux : plus on souffre, plus on cherche à fuir cette souffrance.

4. La tolérance

Le corps et le cerveau s’habituent. Ce qui apportait autrefois du réconfort devient insuffisant. Il faut augmenter les doses, la fréquence ou l’intensité.
La personne n’en retire plus de plaisir réel : elle cherche simplement à calmer l’inconfort grandissant créé par le manque.

5. Le manque

Quand l’objet d’addiction n’est plus accessible, les symptômes apparaissent : agitation, colère, angoisse, culpabilité.
Le système nerveux, privé de sa “béquille”, entre en alerte. Le vide intérieur se fait à nouveau sentir, et la douleur émotionnelle refait surface.

6. Le cycle honte – soulagement – rechute

Après chaque rechute, la honte s’installe : « je suis nul », « je n’y arriverai jamais ».
Cette honte nourrit à nouveau la douleur qui déclenche la rechute. Le cycle se répète, souvent sur plusieurs années, jusqu’à ce que la personne comprenne qu’il ne s’agit pas d’un problème de contrôle, mais d’un mécanisme de survie.

Note de Jess

L’addiction est souvent une tentative maladroite de réparer une connexion manquante : à soi-même, aux autres ou à la sécurité intérieure.
C’est une façon artificielle de retrouver, même brièvement, un sentiment de paix ou de présence que le trauma a abîmé.
La guérison ne vient pas de la force de volonté, mais de la reconnexion : apprendre à se sentir en sécurité, à accueillir ses émotions, et à combler les besoins restés vides autrement que par la fuite.

Revenir à la sécurité

Rompre le cycle de l’addiction demande un accompagnement empreint de compassion et de compréhension.
Ce n’est pas en se jugeant qu’on guérit, mais en apprenant à écouter ce que l’addiction tente de dire. Sous chaque compulsion se cache un besoin légitime de connexion, d’amour et de soulagement.

Je propose des séances individuelles (en ligne, confidentielles) pour aider à identifier les racines émotionnelles du comportement addictif et restaurer un sentiment de sécurité intérieure.


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Foire aux questions (FAQ)

Pourquoi je rechute toujours ?

La rechute n’est pas un signe d’échec, mais une partie du processus de guérison. Lorsqu’on tente d’arrêter une addiction sans avoir traité la douleur qui l’alimente, le corps et le mental reviennent naturellement à la seule stratégie qu’ils connaissent : le soulagement rapide.
Sortir du cycle demande de comprendre ce qui se cache derrière le comportement : la solitude, la peur, la honte, ou un besoin d’apaisement non reconnu. C’est en accueillant cette douleur avec compassion qu’on commence à se libérer.

Est-ce qu’on peut guérir d’une addiction ?

Oui, mais pas par la seule volonté. On guérit en recréant de la sécurité intérieure et en apprenant à se reconnecter à soi et aux autres. L’objectif n’est pas de “résister” mais de réparer ce qui était manquant : la tendresse, la présence, la stabilité.
Avec un accompagnement thérapeutique adapté, le cerveau et le système nerveux peuvent se réguler à nouveau, permettant la fin du cycle de dépendance.

Comment sortir du cycle de honte ?

Le cycle de honte se brise quand on cesse de se définir par son comportement. L’addiction ne dit pas “qui vous êtes”, mais “ce que vous avez vécu”.
La honte alimente le besoin de fuite. À l’inverse, l’accueil de soi et la reconnaissance de la souffrance ouvrent la porte à la guérison. Apprendre à se parler avec douceur, c’est déjà sortir du piège de la honte.

Peut-on être addict sans substance ?

Oui. L’addiction n’est pas liée uniquement à la drogue ou à l’alcool. On peut être dépendant du travail, du contrôle, de la perfection, de la nourriture, de la religion, des relations ou même du besoin d’être utile.
Le point commun : une tentative de combler un vide intérieur par quelque chose d’extérieur. Ce n’est pas la nature de l’objet qui crée l’addiction, mais la fonction qu’il remplit.

Pourquoi ai-je honte d’avoir besoin d’aide ?

Beaucoup de personnes vivant avec un trauma complexe ont appris à “se débrouiller seules”. Demander de l’aide active la peur du rejet ou du jugement. Pourtant, c’est dans la relation sécurisante qu’on retrouve la capacité d’apaisement.
La guérison ne se vit pas dans la solitude, mais dans la rencontre. Chercher du soutien est un signe de courage, pas de faiblesse.

Vous pouvez simplement prendre un premier rendez-vous pour venir faire le point. Il n’y aucune obligation de poursuivre. 

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