Peur d’être quitté, besoin de proximité constante, difficulté à exister seul : découvrez comment la codépendance prend racine dans le trauma complexe et comment en sortir.
Introduction : quand une simple phrase révèle une blessure profonde
Il y a des phrases qui paraissent innocentes et pourtant dévoilent un monde intérieur. « Si tu me laisses… est-ce que je peux venir ? » semble affectueuse, tendre, presque attachante. Mais pour beaucoup, c’est une manière polie de dire : « Je ne peux pas respirer quand tu n’es pas là. Je ne sais pas comment tenir sans toi. Je suis terrifié(e) à l’idée d’être seul(e). »
La codépendance n’est pas un attachement romantique. Ce n’est pas un manque de confiance en soi. Ce n’est pas un trait de personnalité. C’est une mémoire de survie qui vient de loin, de l’enfance, d’années passées dans un système où l’amour était instable, imprévisible ou conditionnel. On ne devient pas codépendant en aimant trop. On le devient parce qu’on a dû s’accrocher très tôt à une relation qui n’était jamais sûre.
La codépendance : une addiction relationnelle souvent plus puissante que toute autre
L’addiction la plus difficile à briser n’est pas celle aux substances, mais l’addiction à une personne .
Ce n’est pas une métaphore. C’est littéral.
La codépendance est souvent une addiction à : un lien, un regard, une présence, une dynamique, une validation extérieure. C’est une addiction à un modèle relationnel destructeur qui nous maintient vivants d’une certaine manière, mais qui nous vide intérieurement.
On pense qu’on cherche l’amour. En réalité, on cherche un apaisement, un analgésique, un soulagement à une douleur ancienne. Le partenaire devient la “substance” qui calme momentanément la honte, le vide, la peur de n’être rien.
Ce n’est pas un choix immatûr.
C’est un réflexe neurobiologique.
Les racines : le trauma complexe et la honte qui déforme la relation
Le document l’explique clairement : la codépendance naît toujours d’un trauma complexe .
Elle est souvent issue d’un environnement où il y avait :
- abus
- négligence
- abandon
- besoins non comblés
- parents narcissiques ou émotionnellement immatures
Dans un tel environnement, l’enfant développe une croyance toxique :
« S’ils ne m’aiment pas comme j’en ai besoin, c’est forcément ma faute. Je ne dois pas être assez bien. »
Cette croyance engendre la racine de tout : la honte.
Une honte viscérale, corporelle, identitaire.
La honte n’est pas un sentiment. C’est une posture intérieure :
« Je suis un problème. Je suis trop. Je ne suis pas assez. »
Lorsque l’enfant grandit dans cette honte, tout son système nerveux enregistre que sa valeur dépend du regard de l’autre. On ne peut pas comprendre la codépendance sans comprendre ce point : la honte pousse à chercher à l’extérieur un amour qu’on n’a jamais reçu de manière stable.
On ne cherche pas l’amour par romantisme.
On le cherche pour se prouver qu’on est vivable, acceptable, tolérable.
Ce que la codépendance fait croire : illusions et mensonges intérieurs
La codépendance repose sur l’idée que la relation prouve qu’on est aimable .
Si l’autre reste, alors je vaux quelque chose.
S’il part, je m’effondre.
La codépendance nous fait adopter des rôles.
Celui du sauveur, du héros, du parent inversé, de l’enfant responsable de l’adulte, ou encore celui du partenaire qui doit calmer, réparer, anticiper.
Nous apprenons que nous devons « garder l’autre heureux », sinon il pourrait partir .
Alors on devient hypervigilant, sensible à la moindre émotion, au moindre silence.
- On surveille.
- On scanne.
- On absorbe.
Ce n’est pas par amour.
C’est parce que notre corps associe le mécontentement de l’autre à la menace de l’abandon.
La codépendance comme système de survie : perdre soi pour survivre
Dans une enfance marquée par le trauma complexe, on apprend très jeune à sacrifier ses besoins.
On apprend que se choisir est égoïste, que s’écouter est dangereux et on apprend que nos émotions dérangent.
Alors on met de côté tout ce qui pourrait faire “trop”.
Nos besoins, nos désirs, nos limites, parfois même nos valeurs.
Le document parle d’un véritable déplacement intérieur : la personne codépendante se met au service de l’autre, au prix de soi-même .
Ce n’est pas un manque d’estime de soi.
C’est une stratégie d’attachement.
Un mécanisme qui a permis à l’enfant de survivre dans un environnement où exprimer ses besoins pouvait être puni, ignoré ou ridiculisé.
Plus tard, dans une relation amoureuse, cela devient :
« Si tu souris, je respire. Si tu t’éloignes, je meurs un peu. »
La codépendance : une danse de survie entre deux personnes blessées
Tim Fletcher nomme cela “la danse des âmes blessées” .
Dans cette danse, chacun rejoue des schémas anciens.
La personne codépendante tente de sauver, réparer, absorber, apaiser.
Et souvent, elle attire des partenaires évitants, narcissiques ou immatures.
Ce n’est pas une coïncidence.
Le système nerveux reconnaît inconsciemment les dynamiques familières : l’instabilité, le chaud-froid, le manque, la poursuite, la distance.
Ce qui est familier paraît rassurant, même si c’est douloureux.
Ce n’est pas irrationnel.
C’est traumatique.
L’addiction relationnelle : pourquoi il est si difficile de partir
Le document dit : « La codépendance est une addiction à une personne ou à un modèle relationnel destructeur » .
Le cerveau reçoit du soulagement quand l’autre revient, quand il sourit, quand il rassure.
Cela crée un cycle identique à celui d’une drogue : envie > soulagement > culpabilité > recherche> effondrement > retour
Et le schéma recommence.
Partir devient presque impossible, même quand on sait que la relation nous détruit.
Ce n’est pas un manque de force.
C’est un système nerveux qui ne connaît pas encore d’alternative sécurisante.
Ce que la phrase « Si tu me laisses… est-ce que je peux venir ? » révèle vraiment
Cette phrase révèle que la personne codépendante ne se sent pas entière seule.
Elle vit comme si se séparer de l’autre équivalait à disparaître.
Ce n’est pas une pensée exagérée.
C’est la trace exacte de l’enfant intérieur qui n’a jamais été rassuré.
La codépendance ne dit pas :
« Je veux être avec toi. »
Elle dit :
« Je n’ai aucun endroit en moi où je me sens en sécurité quand je suis seule. »
C’est douloureux.
Mais ce n’est pas une fatalité.
Guérir de la codépendance : reconstruire la relation à soi
Guérir ne consiste pas à devenir “indépendant” ou à rejeter les relations.
Guérir consiste à retrouver son identité.
L’enfant blessé en nous doit découvrir que :
– la distance n’est pas un danger
– le silence n’est pas un rejet
– l’amour stable n’est pas ennuyeux
– l’amour calme existe
– on peut dire non et être aimé
– on peut exister et être choisi
Cela demande du temps, du soutien, de la régulation.
La thérapie, surtout informée du trauma et de l’attachement, devient un espace où cette vérité s’apprend.
La codépendance n’est pas une faiblesse, mais une tentative de soigner la honte en se tournant vers l’extérieur .
La guérison consiste à remettre la lumière à l’intérieur.
Aimer sans s’abandonner
La codépendance n’est pas un échec.
C’est une blessure profonde, ancienne, mais guérissable.
C’est la tentative courageuse d’un enfant devenu adulte pour obtenir enfin la sécurité qu’il n’a jamais reçue.
Aimer sans disparaître est possible.
Se tenir debout sans s’effondrer est possible.
Être proche sans être pris au piège est possible.
Une pensée spirituelle pour ceux qui le souhaitent
Dans la Bible, l’attachement n’est jamais censé remplacer l’identité. L’amour n’est pas donné pour combler un vide intérieur, mais pour être partagé entre deux personnes déjà reconnues dans leur valeur. Dieu ne demande jamais de s’accrocher à l’autre pour survivre. Il invite au contraire à une relation où l’on peut demeurer soi sans se perdre, où la proximité ne naît pas de la peur d’être quitté, mais d’une sécurité plus profonde. La guérison spirituelle de la codépendance commence souvent là : découvrir que l’on peut être aimé sans se dissoudre, et que la présence de Dieu ne disparaît pas lorsque l’autre s’éloigne.
Je propose des séances individuelles (en ligne, confidentielles) pour t’accompagner dans ce processus.
Prendre rendez-vous : traumacomplexe.com/rendez-vous


