Beaucoup de personnes vivent déconnectées de leurs émotions sans comprendre pourquoi. Découvrez comment le trauma complexe crée cette déconnexion et comment y remédier.
Quand on ne ressent plus rien
Beaucoup de personnes ayant vécu un trauma complexe se sentent coupées de leurs émotions sans en comprendre la cause. Ce n’est pas un défaut, mais un réflexe de survie profondément ancré.
“Je sais que je devrais être triste, mais je ne ressens rien.”
“Je ne pleure jamais.”
“Je n’arrive pas à savoir ce que je ressens.”
Ces phrases décrivent un mécanisme protecteur mis en place par le système nerveux. Être coupé de ses émotions n’est pas un choix : c’est une stratégie de survie pour ne plus souffrir.
Pourquoi on se coupe de ses émotions
Quand un enfant vit dans un environnement où ses émotions ne sont pas accueillies (peur, colère, tristesse, joie) il apprend à les couper pour se protéger.
Ce processus s’appelle la dissociation émotionnelle : le corps ressent encore, mais la conscience s’en détache pour éviter la surcharge.
À l’âge adulte, cela crée une impression d’anesthésie intérieure : on fonctionne, mais on ne se sent plus vivant.
Cette coupure émotionnelle est l’une des manifestations fréquentes du trauma complexe, une blessure souvent invisible mais profondément enracinée.
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Le corps garde la mémoire
Même si l’esprit “oublie”, le corps, lui, se souvient. Comme l’explique Gabor Maté, “le corps dit non quand l’esprit ne peut plus.”
Les émotions refoulées ne disparaissent pas : elles s’accumulent sous forme de tensions, d’anxiété ou de fatigue chronique.
Ne plus sentir la douleur, c’est aussi ne plus sentir la joie. La déconnexion protège, mais elle prive de la vitalité naturelle du corps.
Coupé de ses émotions : les signes les plus fréquents
- Difficulté à identifier ce qu’on ressent : tout semble “vide” ou “neutre”.
- Compréhension intellectuelle des émotions, mais absence de ressenti.
- Malaise face aux pleurs, à la colère ou aux émotions fortes (chez soi ou chez les autres).
- Sensation d’être “en dehors” de sa propre vie.
- Recherche de stimulations fortes (travail, écrans, sport) pour ressentir quelque chose.
Comment le trauma complexe provoque la déconnexion émotionnelle
Lorsqu’un enfant grandit dans un environnement instable ou insécurisant, son système nerveux apprend à se figer pour survivre.
Cette réponse automatique, appelée freeze en anglais, déconnecte l’esprit du corps. Le danger passe, mais le réflexe reste.
À l’âge adulte, le corps continue à réagir comme si le danger était toujours là. C’est pourquoi tant d’adultes ayant vécu un trauma complexe ont du mal à ressentir ou à faire confiance à leurs émotions.
La vie en mode “je gère”
Les personnes coupées de leurs émotions sont souvent très performantes, fiables, responsables. Elles gèrent tout.
Mais cette maîtrise constante a un coût : elles ne s’autorisent jamais à se détendre, à pleurer ou à être vulnérables.
Sous cette apparente solidité se cache souvent une immense solitude intérieure.
Se reconnecter à ses émotions en sécurité
La reconnection émotionnelle ne signifie pas se noyer dans les émotions. C’est réapprendre à les ressentir en sécurité.
Ce processus passe par l’écoute du corps, la respiration, la thérapie relationnelle ou le travail somatique.
Comme le rappelle Tim Fletcher : “Ce n’est pas l’émotion qui détruit, c’est la solitude avec l’émotion.”
Retrouver un lien à soi, c’est sortir du mode “survie” pour revenir dans la vie.
Honte, trauma complexe et déconnexion
Beaucoup de personnes confondent la honte et la déconnexion émotionnelle. En réalité, la honte est souvent à l’origine du blocage : “je ne devrais pas ressentir cela”, “je ne suis pas normal”.
Reconnaître la honte fait partie de la guérison. Vous pouvez lire à ce sujet mon article sur la honte et le trauma complexe.
Foire aux questions (FAQ)
Est-ce grave d’être coupé de ses émotions ?
Non. C’est le signe que votre corps a cherché à vous protéger. Ce n’est pas une anomalie, mais un message : il est temps d’apprendre à ressentir à nouveau, sans danger.
Comment savoir si je suis dissocié ?
Si vous avez souvent la tête “ailleurs”, des trous de mémoire, ou la sensation d’être spectateur de votre vie, il est possible que vous soyez partiellement dissocié. Un accompagnement bienveillant peut vous aider à vous reconnecter progressivement.
Est-ce que la foi ou la prière peuvent suffire ?
La foi apporte de la consolation, mais elle ne remplace pas la régulation du système nerveux. Guérir, c’est permettre au corps et à l’âme de s’unir à nouveau, dans la sécurité et la présence.
Est-ce que je ressentirai à nouveau un jour ?
Oui. Le cerveau et le corps peuvent se reconnecter grâce à la sécurité, à la relation et à la compassion. Les émotions reviennent naturellement lorsqu’on cesse de se juger.
Une pensée spirituelle pour ceux qui le souhaitent
Dans la Bible, Dieu ne se révèle pas seulement dans les émotions fortes ou les élans visibles, mais aussi dans le silence, l’attente et le retrait. Être coupé de ses émotions n’est pas un échec spirituel, ni un manque de sensibilité à Dieu. C’est souvent le signe d’un cœur qui s’est protégé trop longtemps. Dieu n’exige pas que vous ressentiez davantage pour être proche de lui. Il se rend présent même là où tout semble figé, et il respecte le rythme du corps blessé. La guérison spirituelle commence parfois non pas par un débordement d’émotions, mais par la découverte que l’on peut être accueilli tel que l’on est, même dans le vide, même dans l’absence de ressenti.
Et si c’était le début d’un nouveau contact avec vous-même ?
Se reconnecter à ses émotions, c’est retrouver sa capacité à aimer et à être touché par la vie. Ce n’est pas une faiblesse, c’est un signe de guérison.
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