Pourquoi je n’arrive pas à dire non ?

Illustration fine art représentant une silhouette humaine debout dans une lumière dorée, symbolisant la capacité à dire non avec calme et confiance après un trauma complexe.

Difficulté à poser des limites, peur de décevoir ou de déranger ? Découvrez comment le trauma complexe crée le réflexe de soumission et comment apprendre à dire non en sécurité.

Dire non, un acte simple qui devient impossible

Beaucoup de personnes ayant vécu un trauma complexe se reconnaissent dans cette phrase : “Je n’arrive pas à dire non.”
Elles veulent plaire, éviter les conflits, être aimées. Mais derrière cette apparente gentillesse se cache souvent une profonde peur : celle de perdre le lien.
Dire non, pour quelqu’un qui a été blessé, c’est risquer de revivre le rejet ou l’abandon. Alors, on s’efface, on dit oui… même quand on est épuisé.

La réponse “Fawn” : survivre en se soumettant

Le trauma complexe active différents mécanismes de survie : se battre (fight), fuir (flight), se figer (freeze)… et se soumettre (fawn).
Le mode fawn consiste à apaiser l’autre pour éviter le danger.
Enfant, cette stratégie peut sauver : calmer un parent en colère, anticiper les besoins de l’autre, se faire oublier pour ne pas déranger.
Mais à l’âge adulte, elle empêche d’exister pleinement. On devient expert pour ressentir ce que les autres veulent, mais étranger à ses propres besoins.

Pourquoi le corps dit “oui” quand l’âme veut dire “non”

Dire non, ce n’est pas qu’une question de volonté. C’est une réaction physiologique.
Quand on a vécu dans la peur du rejet, le corps associe le refus à un danger.
Le simple fait de poser une limite peut déclencher une panique intérieure : accélération du cœur, tension musculaire, envie de s’excuser.
Le système nerveux réagit comme s’il fallait survivre. Dire non devient un acte de courage corporel, pas seulement émotionnel.

Les signes du réflexe de soumission

  • Vous dites oui spontanément, puis regrettez après.
  • Vous ressentez de la culpabilité quand vous décevez quelqu’un.
  • Vous avez du mal à exprimer vos besoins ou à demander de l’aide.
  • Vous avez peur qu’un “non” entraîne un rejet ou une dispute.
  • Vous vous adaptez sans cesse à ce que l’autre attend.

Ce comportement est souvent inconscient. Il vient d’un conditionnement ancien : “Pour être aimé, je dois être utile et agréable.”

Le coût de ne pas poser de limites

À force de dire oui à tout, on finit par dire non à soi-même.
Le corps s’épuise, le cœur s’éteint.
Ne pas poser de limites mène à la fatigue émotionnelle, au ressentiment, voire à des crises de colère refoulées.
Le prix de la survie relationnelle, c’est souvent la perte de l’identité.

Dire non, c’est restaurer sa sécurité intérieure

Apprendre à dire non, ce n’est pas devenir égoïste, c’est retrouver le droit d’exister.
Cela commence par reconnaître la peur derrière le “oui” automatique.
Chaque fois qu’on ose dire non, même timidement, on envoie à son corps un nouveau message : “Je peux être en sécurité tout en posant une limite.”
Tim Fletcher résume cela ainsi : “Poser une limite, c’est dire oui à soi-même sans couper la relation.”

Pour comprendre comment le corps réagit face au danger relationnel, lisez Pourquoi je ne fais pas confiance ?.
Inspiré des approches de Gabor Maté, Tim Fletcher et Richard Schwartz sur les réponses du système nerveux au trauma.

Foire aux questions (FAQ)

Pourquoi je culpabilise quand je dis non ?

Parce que votre cerveau associe le refus à une menace pour le lien. C’est une mémoire ancienne, pas une vérité présente.

Est-ce qu’on peut apprendre à dire non sans peur ?

Oui. En réapprenant la sécurité. Le corps doit expérimenter que poser une limite ne provoque pas la rupture, mais la clarté.

Est-ce que dire non est un manque d’amour ?

Non. Dire non, c’est poser les conditions d’un amour vrai, sans manipulation ni peur.

Une pensée spirituelle pour ceux qui le souhaitent

Beaucoup associent à tort l’amour chrétien au sacrifice permanent.
Mais aimer, ce n’est pas s’effacer. Jésus posait des limites, se retirait pour prier, refusait certaines demandes.
Dire non, c’est parfois l’acte le plus spirituel : respecter l’œuvre que Dieu fait en soi sans la laisser être déformée par la peur de déplaire.

Dire non, c’est guérir

Dire non, c’est se choisir sans rejeter l’autre.
C’est apprendre à rester présent, ancré, aimant — sans se perdre.
Je propose des séances individuelles (en ligne, confidentielles) pour aider à retrouver la liberté intérieure et la sécurité relationnelle nécessaires pour poser des limites en paix.
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